Soyons prudents, taisons-nous !

Tintin sera-t-il prochainement interdit aux enfants pour cause de racisme durant son aventure congolaise ? Milou sera-t-il euthanasié pour ses pensées xénophobes en Chine ? Quant au capitaine Haddock, terminera-t-il dans un centre de désintoxication à cause de son goût prononcé pour l’alcool ?

Toutes ces questions ne vous paraissent-elles pas dénuées de sens ?

Des œuvres retouchées, des opinions censurées, des débats interdits. Par peur de blesser et/ou de choquer, il faut se taire ou adopter un langage neutre et aseptisé. Notre époque semble être victime d’un politiquement correct qui touche les hommes et les femmes de tous âges.

Mais qu’entend-t-on par ce fameux « politiquement correct » ?

Le politiquement correct consiste à trouver une formule, dont le ton et la manière de s’exprimer ne doivent pas être choquants et brutaux, qui masque une certaine réalité, voire véracité, concernant des individus, des métiers, des événements, etc.

En ce nouveau millénaire, tous les secteurs de la société sont soumis à ce lifting bien-pensant. Ainsi, dans le milieu professionnel, les caissières deviennent des hôtesses de caisse et les balayeurs de rue des agents d’entretien. Le monde politique a lui aussi modifié son langage, l’échec se transformant en succès différé ou la stagnation économique se changeant en croissance zéro. Les guerres ont également adapté un nouveau vocabulaire : on ne dit plus des civils innocents morts mais bien des dommages collatéraux. Même les sans-papiers voient leur condition évoluer : à la place d’être expulsés, ils font l’objet d’une mesure d’éloignement.

Qui seront les prochaines victimes du politiquement correct ? Les gens qui vivent dans la misère et/ou dans la rue font souvent de bonnes cibles. L’ascension des censeurs depuis quelques dizaines d’années a permis de convertir le clochard en vagabond, puis en non logé pour devenir maintenant sans domicile fixe. Mais à quoi servent ces changements lexicaux si au final le statut de l’individu n’évolue pas. Arrêtons de jouer avec les mots et agissons !

Cette hypocrisie linguistique est extrêmement dangereuse. Lorsque le politiquement correct est roi, l’autocensure est reine et le parler vrai disparaît du royaume.

Le seul remède est d’ouvrir les yeux et de redynamiser les cerveaux endormis : toutes les informations doivent être replacées dans leur contexte historique, social, religieux, économique, etc. Faisons preuve de réflexion à la place d’une moralisation aveugle.

Vous l’avez sûrement remarqué maintenant, nous ne sommes pas des adeptes de langue de bois et nous ne voulons pas mourir étouffés sous le politiquement correct. Au contraire, nous souhaitons plus que tout partager notre pratique du politiquement honnête. Le totalitarisme intellectuel actuel tend à tuer lentement l’esprit critique. Mais rien n’est jamais irréversible, même si la situation est des plus inquiétantes.

Aux esprits libres plus que jamais de résister, de donner de la voix…
et de montrer la voie !

 

 





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